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Végétalisation de mon assiette, un voyage en régime inconnu

Dernière mise à jour : 9 août 2022


Un consensus s’installe progressivement


La littérature scientifique et de nombreuses sociétés savantes internationales ont émis des avis, tant sur les régimes végétariens que végétaliens, qui font ressortir que ces régimes sont compatibles avec les recommandations nutritionnelles et qu’ils peuvent être bénéfiques pour la santé


La position de l’Académie de Nutrition et de Diététique américaine, dès 2016, se résume notamment ainsi :

« […] l’alimentation végétarienne bien planifiée, y compris végétalienne, est saine, adéquate sur le plan nutritionnel et peut être bénéfique pour la prévention et le traitement de certaines maladies ».

« Cette alimentation est appropriée à toutes les périodes de la vie, notamment la grossesse, l’allaitement, la petite enfance, l’enfance, l’adolescence, le troisième âge et pour les sportifs ».


Des avis similaires ont été publiés dans différents pays : Canada, Grande Bretagne, Australie, Israël, Nouvelle Zélande, Afrique du Sud, Brésil, Italie, Portugal, Suisse, … et récemment par l'OMS (1).


En France, l’ANSES a lancé en juillet 2019 un appel à candidatures d’experts scientifiques afin d'établir des repères alimentaires destinés aux personnes suivant un régime d’exclusion de tout ou partie des aliments d’origine animale (2).


Mais devenir végéta*ien est un « voyage en régime inconnu » qui bouleverse les habitudes…


Devenir flexitarien, végétarien ou végétalien n’est pas une démarche aisée tant les traditions culinaires françaises, l’évolution de l’offre agroalimentaire au XX siècle (marquée par l’essor des viandes préparées pour permettre des repas rapides), ainsi que les principes d’éducation nutritionnelle de la population accordent par habitude une place importante aux aliments d’origine animale et une forte réputation de supériorité nutritionnelle aux protéines animales.


Il est donc particulièrement nécessaire d’éclairer la route de ce « voyage en régime inconnu » car des changements importants des habitudes alimentaires peuvent être très déstabilisants. La motivation positive initiale (pour la planète, pour le bien être animal, pour ma santé) peut en effet laisser place à :

  • Une perte de repères (« comment faire les courses ? »)

  • Des doutes (« vais-je avoir des carences ? »)

  • Voire conduire à une moindre satisfaction à se nourrir (« je ne sais plus quoi manger »)

… et qui peut être difficile à mener


Face à ce besoin de nouveaux repères, on trouve malheureusement pléthore d’informations contradictoires sur internet, dans la presse ou la littérature au sujet des régimes végétariens et surtout végétaliens. Et les prises de positions ne sont - souvent - pas assez dépassionnées pour permettre à ceux qui souhaitent végétaliser leur alimentation d’obtenir sereinement des informations fiables et claires.

On constate aussi que le corps médical se trouve démuni face au développement de l’alimentation végétale, en particulier auprès des patients végétaliens. Les médecins ne savent pas toujours comment les accompagner.

Et chez les diététiciens, le manque de formation sur ces régimes alimentaires, voire le manque de connaissances sur les aliments susceptibles d’être consommés dans ces régimes, peut conduire à un certain conservatisme et à un décalage entre les attentes/besoins des patients et les conseils reçus, qui peut entrainer leur défiance.


De son côté, même si elle évolue, l’offre alimentaire est insuffisante avec :

  • En grande distribution, des produits bruts ou tout prêts de qualité (bio notamment) mais souvent très chers et des produits ultra transformés qui se multiplient,

  • En restauration collective, une offre végétale encore trop souvent insatisfaisante en qualité, diversité et fréquence (et tout particulièrement pour les enfants et adolescents qui mangent à la cantine).

Des idées reçues et des tabous à combattre pour permettre un bon accompagnement des candidats à la végétalisation de l'alimentation


Le manque d’expertise et la cacophonie d’informations entretiennent des idées reçues, préjugés et tabous (autour du régime végétalien en particulier), qui nuisent à la transmission des informations nécessaires et utiles :

  • Sur les carences auxquelles il expose,

  • Sur la compatibilité de ce régime avec la grossesse, l’allaitement, l’enfance et l’adolescence. Le cas des nourrissons et des enfants en bas âge est sujet un particulièrement sensible qui conduit probablement un grand nombre de parents à ne pas oser consulter.

En bref, nous avons besoin de nouveaux repères et d'être guidés vers de nouvelles habitudes alimentaires !


Et ce, à plusieurs niveaux : patients, parents, professionnels de santé, restauration collective, agroalimentaire, …


Un rôle important d’éducation est à jouer par les professionnels de santé et les politiques de santé publique, car la transition vers une alimentation plus végétale, au delà des convictions personnelles de chacun, est un enjeu environnemental qui nous concerne tous.



Notes


(1) Références

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